Voyager en couple....voilà un bien joli résumé plebiscite pour la femme....

16.03.2010 EXTRAIT DE   //quatremersetdeuxoceans.blogs-de-voyage.fr

voyager en couple sur un voilier

 

Le problème d’un voyage au long cours en couple, c’est en général que madame apprécie moins la haute mer que monsieur. Quoique j’ai connu un couple dont madame était capitaine et monsieur suivait parce qu’il ne pouvait faire autrement. C’était d’ailleurs amusant lors de l’arrivée dans de nombreux pays, pour les formalités, les autorités, douaniers en premier, refusaient d’enregistrer madame comme capitaine, prétextant qu’une femme ne peut pas être responsable d’un bateau alors qu’un homme est à bord.

Si, comme la majorité des cas, vous embarquez madame pour quelques années à bord, messieurs, faites votre possible pour que madame n’ai pas envie de débarquer à la première escale.

En premier lieu, faites en sorte que madame se trouve bien à bord, faites la participer sans l’engueuler chaque fois que sa manoeuvre n’est pas impeccable.

Ne considérez pas que monsieur dirige et que madame fait la cuisine et les quarts. Si vous êtes un bon capitaine et que madame n’est pas à l’aise à bord, rien ne vous empêche de lui mitonner des petits plats chaque jour, y compris en navigation : avec pilote et appareils à bord, rares seront les jours où vous n’aurez pas quelques heures de libre pour vous installer à la cambuse. Expliquez lui les manœuvres, et selon son aptitude, définissez, pour accoster, qui sera à la barre et qui sera aux aussières. Pour ancrer sur un mouillage, laissez madame à la barre pour les derniers mètres voir les derniers miles et mouillez vous même.

C’est surtout l’accoutumance la plus difficile. En début de croisière, faites de plus courtes escales, commencez par des navigations faciles. La grosse mer dans les premiers jours, rien de tel pour la dégoûter à jamais du bateau.

J'ai vu des femmes se faire traiter de tous les noms d'oiseau par leur capitaine de mari lorsqu'elles avaient raté plusieurs fois l'envoi de l'amarre: si vous restez calme et zen, que vous vous contentez de manoeuvrer pour lui faciliter le plus possible la tâche, tout ira mieux. Et si vous appreniez à madame à barrer le bateau pour l'accostage et que vous vous occupiez des amarres vous mêmes! Si vous étiez seul à bord, comment feriez vous? Au lieu de mettre madame à la peine, organisez vous pour vous débrouiller seul, c'est toujours possible.

En ce qui me concerne, mon épouse n'a jamais été passionnée par la navigation. On a quand même vécu six ans à bord et traversé méditerranée, mer rouge, indien et atlantique. J'ai toujours fait cuisine et vaisselle en navigation, et, sauf de rares fois où la mer était démontée au point de ne pas pouvoir mettre de l'eau chaude dans un récipient sans risque de brûlure, on a toujours mangé un repas cuisiné midi et soir. Quand madame n'était pas dans son assiette à cause de l'état de la mer, je ne lui faisais plus prendre de quart: je dormais dans le carré par périodes de vingt minutes avec une minuterie de cuisine près de mon oreille .

Dernière question, les quarts de nuit en couple. Si vous naviguez 48 heures maximum, pas de problème, vous pouvez rester une nuit éveillé, souvent les deux restent éveillés d'ailleurs, et chacun vas faire son petit somme quand le besoin s'en fait sentir. Quand viennent les grandes traversées, une, deux, trois semaines, il faut s'organiser. En ce qui nous concerne, madame préférait aller se coucher le soir et prenait le quart en deuxième partie de nuit. On n'a jamais défini une heure de relève précise. Il m'est arrivé d'être très fatigué et de réveillé madame pour qu'elle me relève. Il m'est arrivé de faire des nuits complètes parce que la mer était mauvaise et que madame n'était pas en forme, ou que notre route côtoyait tde trop près les hauts fonds et que je préférais être aux aguets. Beaucoup de couples rencontrés s'organisaient en quarts de 4 heures. C'est certainement le plus rationnel. Chacun le fait comme il le sent. Je me suis fixé une règle, quarts seul ou à deux, toutes  les vingt minutes, on doit faire un tour d'horizon visuel. En principe, s'il n'y a rien sur l'horizon, vous ne pouvez pas être en collision avant vingt minutes, quoique... Il faudrait quand même un gros facteur malchance. Certains navigateurs comptent sur l'alarme de leur radar pour les réveiller. Je me suis déjà fait surprendre par un bateau de pêche qui n'avait pas déclenché mon alarme. Maintenant, avec le système AIS, peut être c'est plus fiable, mais vous aurez toujours le risque de bateaux non équipés qui ne veillent pas ou qui veillent mal. Les détecteurs de radars sont aussi une bonne alarme, mais toujours pas efficace à cent pour cent: de plus en plus de cargos n'allument plus leur radar, maintenant qu'ils ont l'AIS pour s'identifier.

Bref, on est petit, vulnérable, notre seul salut est dans le quart efficace.



13/03/2012
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